C’est un dicton bien connu : « Tout arrive pour une raison. »
On le dit souvent pour apaiser le malaise ou pour rassurer une personne qui traverse une période difficile. Ce moment sombre de votre vie ferait partie d’un grand plan; cela devait arriver pour que de meilleures choses se produisent plus tard.
Personnellement, j’adorais ce dicton. C’était ma philosophie de vie et je me le répétais constamment.
Ce n’est qu’en revisitant les épreuves de ma propre vie que j’ai réalisé à quel point je balayais mes propres sentiments du revers de la main en me disant : « Eh bien, ça devait arriver pour une raison. »
De plus, en pensant aux horreurs qui se passent partout dans le monde, je suis soudainement devenue incapable de me dire que tout cela avait une raison d’être.
Si un de vos proches vivait un deuil, vous feriez preuve d’empathie en lui disant que vous êtes là pour lui, j’en suis sûre. Vous ne lui lanceriez probablement pas un : « Tu sais, tout arrive pour une raison. »
Évidemment, ce mantra a sans doute été créé pour réconforter, pour se convaincre et convaincre les autres que des jours meilleurs viendront. Souvent, ce dicton rassure et redonne espoir, et loin de moi l’idée de décourager cela. J’admire l’intention, mais j’aimerais vous proposer une autre perspective qui pourrait changer du tout au tout votre vision des moments difficiles.
Un autre point de vue
Je crois que la meilleure façon de faire preuve de bienveillance envers soi-même dans les moments de crise, c’est d’accueillir la douleur que l’on traverse. C’est de se dire : « Tu sais quoi? C’est vraiment difficile et ça fait mal en ce moment. » C’est aussi de nommer les émotions précises qui surgissent : « Je n’avais pas prévu me sentir comme ça, et maintenant je ressens de la déception, de la peine, de l’insécurité, de la vulnérabilité, de la frustration, etc. »
C’est ce qu’on appelle vivre pleinement ses émotions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. C’est être soi-même, dans toute son authenticité.
C’est de se poser face à cette période sombre et de se dire : « Ça n’aurait jamais dû m’arriver. Je ne méritais pas ça, point final. »
Ce faisant, non seulement on reconnaît l’épreuve, mais on valide aussi la version plus jeune de soi-même qui l’a traversée. On lui montre qu’on l’écoute et que ce qu’elle a vécu était complexe, épuisant et bien réel.
L’importance de l’autoempathie
Il peut être utile de voir cela comme de l’empathie envers la personne que vous étiez ou que vous êtes, plutôt que de la simple sympathie pour vos sentiments. Faire preuve d’empathie envers soi-même (ou d’autoempathie), c’est écouter intentionnellement ses émotions, sans jugement, et les accepter telles qu’elles sont. La sympathie, elle, n’englobe pas cette dimension de compréhension profonde. Se sympathiser soi-même peut ressembler à une tentative de positiver la situation à tout prix pour mieux la digérer. Pourtant, cela nous prive du moment où l’on reconnaît à quel point l’événement nous a brisé le cœur.
Imaginez la situation suivante :
Vous avez complété deux années de votre programme de baccalauréat. Pourtant, après de nombreuses nuits blanches et des difficultés liées à votre santé mentale, vous avez finalement pris la décision d’abandonner vos études. Des années plus tard, vous revisitez cette période universitaire.
L’invalidation de soi : « J’aurais dû m’accrocher et finir mon bac. J’ai gaspillé deux ans de ma vie que je ne rattraperai jamais. »
La sympathie envers soi : « Je sais que c’était difficile, mais au moins j’ai fini mon école secondaire, et j’étais une bonne étudiante avant mes problèmes de santé mentale. Et puis, j’ai fini par rencontrer mon conjoint après être revenue chez mes parents. »
L’autoempathie : « J’étais jeune et je n’avais jamais vécu loin de la maison. Tout ce que je voulais, c’était un nouveau départ et me faire des amis pour la vie. Au lieu de ça, j’ai dû faire face à d’innombrables décisions et à des éléments déclencheurs imprévus. Je me sentais dépassée, déçue et pressée de tout recommencer ailleurs. Plutôt que d’essayer de forcer les choses pour terminer mes deux dernières années de bac, j’ai pris la décision difficile de faire exactement ce dont j’avais besoin à ce moment-là. »
Accepter cette réalité met en lumière le fait qu’on ne peut pas précipiter les moments difficiles pour passer plus vite aux bons moments; on ne peut pas fuir la souffrance. Et même si l’idée même d’accueillir sa tristesse peut terrifier, cela peut aussi s’avérer incroyablement libérateur.
Lorsque vous vivez vos émotions, lorsque vous vous écoutez vraiment, vous devenez votre propre source de validation. Tout à coup, vous parvenez à traverser les sentiments difficiles plus rapidement et plus facilement, et ils refont surface beaucoup moins souvent.
Accueillir ses émotions permet de se rapprocher de son soi le plus authentique. En vérité, toutes les versions de vous-même méritent d’être entendues et validées, parce que vous êtes une personne entière, et que ce que vous vivez est tout à fait légitime.
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I am a psychology student at Bishop’s University, and my favourite things to do are to spend time with my friends, play hockey, watch Love Island, and think of the next place to travel to! I hope that I can one day advocate for those who feel like they don’t have a voice, and to make it known that there are so many great things to come, in which you deserve to fully and wholeheartedly experience it!


